Jéhovah et la compréhension du Nom Divin YHWH
Dans la bible le nom Divin est de loin le plus répandu, pourtant nous ne savons pas le prononcer, pourquoi? Est-ce que Dieu n'a pas été capable de nous transmettre sa prononciation? Le nom Divin dans le nouveau testament
Exode 3:13-15 et la révélation du Nom
Exode 3:13-15
Moïse dit à L'Elohim : "Voici que, moi, j'arriverai vers les fils d'Israël et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous ; et ils me diront : Quel est son nom? Que leur dirai-je?"
Elohim dit à Moïse : "Je Suis qui Je Suis". Puis il dit : "Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Je Suis m'a envoyé vers vous !"
Elohim dit encore à Moïse : "Ainsi tu diras aux fils d'Israël : YHWH, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, m'a envoyé vers vous. C'est mon nom pour toujours et c'est là mon titre de génération en génération." (1)
Comment prononcer le nom Divin, le tétragramme YHVH ?
Tout d'abord, le "J" n'existe pas en hébreu, donc cela ne pourrait qu'être, éventuellement, "Yéhovah".
Néanmoins, cette prononciation qui commence à voir le jour au moyen-âge est due à une interprétation fautive du tétragramme et de sa correction massorétique. La prononciation de ce nom s'était perdue au fil du temps et les massorètes, qui introduisirent les voyelles et leur système de correction "Ketiv" et "Qéré", consistant à mettre les consonnes du mot exact (le mot qui doit être lu) en marge du texte tout en laissant le mot initial dans le texte, mais en introduisant les voyelles du mot exact sous celui qui devait être corrigé dans le texte, (par ex ; en introduisant les voyelles d'Adonaï sous le tétragramme) donnèrent de ce fait la prononciation "Yéhovah". Dans d'autres passages où le Nom Divin est précédé d'Adonaï, ce sont les consonnes d'Elohim (le mot qui doit être lu) qui sont introduites en marge et les voyelles d'Elohim qui sont introduites sous le tétragramme, on obtient la prononciation suivante : "Yehwih". (voir image et commentaire plus bas)
Nous n'entrerons pas dans les détails. Mais nous pouvons comprendre 2 choses :
1) La prononciation "Yéhovah" est due à une mauvaise interprétation de la correction massorétique et constitue une prononciation hybride résultant d'un croisement entre les voyelles d'Adonaï et les consonnes du tétragramme.
2) Philologiquement, c'est-à-dire, selon la construction logique de la langue hébraïque, la plupart des biblistes s'accordent pour dire que, d'une manière générale, la prononciation "yéhovah" est la moins probable possible. Ils ont plutôt tendance à pencher pour Yahvé ou plus récemment pour "Yahou", tout en sachant que ce ne sont que des suppositions.
Exemple de vocalisation massorétique dans la Genèse
Selon la correction massorétique, lorsque le tétragramme est précédé d'Adonaï, ce sont les consonnes d'Elohim (le mot qui doit être lu) qui sont introduites en marge et les voyelles d'Elohim qui sont introduites sous le tétragramme, on obtient la prononciation hybride suivante: "Yehwih".
C'est le cas du texte hébreu ci-contre de Genèse 15:2.
Ketiv et Qéré d'YHVH
Pour les plus érudits qui se demandent pourquoi le shewa composé sous l'aleph d'Adonaï devient un shewa simple sous le yod d' YHVH :
Il faut remarquer que si on avait vraiment vocalisé le tétragramme avec les voyelles d'Adonai (aDoNaY), soit a, o, a, cela aurait conduit à une forme très fâcheuse : YaHoWaH.
Sachant que howah signifie "calamité", un lecteur inattentif qui aurait prononcé le tétragramme selon les supposées voyelles d'emprunt aurait alors dit : "Yah est calamité", un blasphème passible de la lapidation (Lév. 24:16).
La seule chose que nous savons quant à la prononciation de ce nom, c'est que nous ne savons pas comment le prononcer ! Pourquoi ?
Dans la bible, l'absence de connaissance a sa raison d'être et ne constitue pas un trou à boucher par une pseudo explication qui peut devenir avec le temps une vérité. Par exemple : Nous ignorons de quel fruit Adam et Eve ont mangé, ce n'est pas pour rien. Si nous le savions, il y aurait aujourd'hui des personnes qui en feraient un objet de superstition (de ce fruit) et d'autres un objet de culte ! Dans tous les cas, cette connaissance inutile éloignerait les gens du bon sens biblique et de la chose importante, à savoir l'enjeu du pêché adamique et, par conséquent, la faveur imméritée grâce au sacrifice du Christ.
Nous pourrions alors prier ainsi : "il est" nous te remercions pour la réunion qui vient de... Ou alors : Merci à toi "il fait devenir" pour ce pain quotidien... Ou alors puisque Dieu se révèle aussi par le nom "Je Suis", nous pourrions prier en disant "Je Suis" donne-nous la force... Ou alors : "je suis qui je suis" nous te... Ou en hébreu : "èyè achèr èyè" (je suis qui je suis) nous t'implorons pour..., etc. Il est vrai que les Israëlites usaient du Nom Divin, mais ils en connaissaient surtout le sens et sa signification profonde.
D'autre part, lorsque l'on réfléchit à tout cela, nous voyons que quelle que soit la manière d'exprimer ce nom que l'on choisirait, l'expression du nom Divin est uniquement liée à nos cordes vocales qui nous permettent d'exprimer des syllabes..., donc un problème purement humain et que, en définitive, la réponse de Dieu à Moïse est une invitation à prendre le Nom Divin au sens spirituel, plutôt que sous l'angle charnel ! C'est pourtant exactement cette vision charnelle du Nom Divin chez les témoins de jéhovah qui amène les individus à s'exprimer de la sorte : "Jéhovah m'a donné une étude biblique hier...", etc. On retrouvera aussi le nom divin sur les bulletins de versements postaux des congrégations, etc. Finalement, on en vient à parler de jéhovah comme on parlerait du copain du 3ème étage (que l'on aime bien et que l'on respecte). Néanmoins, nous comprenons que ce comportement vis-à-vis du Créateur de l'univers est relativement infantile. Au-delà de tout cela, il y a comme quelque chose de gênant ; effectivement, on a l'impression que la watchtower s'approprie le Nom Divin, comme une entreprise avec une marque déposée.
L' évolution de la compréhension spirituelle du Nom Divin deviendra encore plus évidente avec la venue du Christ.
"Il est" ou "il fait devenir", a fait devenir toutes choses, les prophètes, la réalisation prophétique et finalement son fils au sujet duquel nous pouvons lire en Jean 1:1-2 : "AU COMMENCEMENT ETAIT LE VERBE, ET LE VERBE ETAIT TOURNE VERS DIEU, ET LE VERBE ETAIT DIEU. IL ETAIT AU COMMENCEMENT TOURNE VERS DIEU". Ce texte faisant également référence à genèse chapitre 1. Rappelons aussi que YHWH est un verbe. Nous voyons que Dieu "fait devenir" le Messie et se réalise également au travers de ce dernier pour le bien de l'humanité.
C'est aussi la raison pour laquelle nous ne trouvons pas le Nom Divin dans le nouveau testament, parce que comme le dit très justement l'apôtre Pierre cité par Luc dans les actes des apôtres 4:12 : "Il n'y a aucun salut ailleurs qu'en lui (Christ); car aucun nom sous le ciel n'est offert aux hommes (celui de Jésus Christ), qui soit nécessaire à notre salut". En réalité les chrétiens ont plus qu'un nom ou un verbe, ils ont la personnification de ce verbe ou son expression terrestre parfaite. En nous unissant à Jésus Christ nous nous unissons de ce fait à YHWH. La puissance spirituelle du Nom Divin YHVH se réalise actuellement au travers du Christ.
Le nouveau testament révèle aussi cette relation que l'être humain peut avoir avec Dieu, c'est-à-dire comme celle d'un enfant avec son père. C'est ce qu'a voulu démontrer le Christ à plusieurs reprises. C'est également le cas dans la prière modèle qui commence ainsi : "Notre Père qui est...", prière dans laquelle le Messie n'utilise pas le tétragramme. Ce n'est pas pour rien, et pourtant il s'agit de la prière "modèle"... Quand il s'exprime : "Que ton Nom soit sanctifié", il ne sous-entend pas l'usage approximatif du Nom Divin, mais veut dire plutôt : "Fais-nous connaître qui tu es" (Voir la TOB), autrement dit, le tétragramme ("il fait devenir") en action.
Nous avons tous eu des parents, et chaque fois que nous appelons notre père charnel "papa", celui-ci nous entend, se retourne, et nous prête attention parce qu'il reconnaît notre voix. Nous n'avons pas besoin de l'appeler par son prénom pour qu'il reconnaisse en nous un de ses enfants. Il en va de même avec notre Père céleste ; chaque fois que nous nous adressons à lui, celui-ci se retourne et nous prête attention parce qu'il reconnaît notre foi. C'est là toute la clé du nouveau testament pour ce qui est de la relation entre l'être humain et Dieu. C'est également ce qui fait la force du Christianisme équilibré et empreint de bon sens, cette simplicité inconditionnelle de la spiritualité.
Le nom de Jéhovah dans les écritures grecques chrétiennes
A ce sujet, la watchtower a décidé d'intégrer le nom de Jéhovah dans les écritures grecques chrétiennes. Un de ses arguments est qu'il existe des manuscrits de l'ancien testament en grec avec le tétragramme en hébreu. Ces manuscrits sont ceux de la "septante". (A noter que la septante contient aussi les livres dits "apocryphes", raison pour laquelle la plupart des traductions catholiques les ont intégrés...). Il est normal de trouver YHWH dans la septante, puisque ce nom se trouve dans les manuscrits hébraïques. D'ailleurs le peuple juif a toujours mis en évidence le tétragramme (YHWH), on le trouve pratiquement dans toutes les synagogues !
Le fait de trouver le tétragramme dans des manuscrits de la septante, alors que dans un même temps (ou à la même époque) ceux du nouveau testament ne le contiennent pas, devrait plutôt faire réfléchir la watchtower ! D'autant plus que les rédacteurs du nouveau testament n'auraient pas été plus "superstitieux" en ce qui concerne YHWH que les scribes juifs de l'époque... Pour ce qui est du nouveau testament, nous constatons que l'ensemble des manuscrits grecs les plus anciens ne contiennent ni le tétragramme, ni le Nom Divin.
Nous avons pris ci-dessous l'exemple du Papyrus Bodmer II aimablement transmis par la fondation Martin Bodmer de Genève. Ce dernier date du 2ème siècle et est un des plus anciens de l'évangile de Jean à notre disposition. Notons au passage la grande proximité entre la mort de l'apôtre, la rédaction de son évangile et le manuscrit Bodmer II. Les 3 photos représentent: Jean 12:34-38, Jean 12:38-42, Jean 12:12-16. Ni le tétragramme, ni le Nom Divin n'apparaissent, alors que la watchtower l'a mis dans sa "Traduction du monde nouveau"... (Jean 12:13, Jean 12:38)
Le manuscrit Bodmer XIX
Un autre exemple : Le manuscrit Bodmer XIX (Evangile de Matthieu, 4ème siècle) en copte aimablement transmis par la fondation Martin Bodmer de Genève. L'image ci-dessous représente les textes de Matthieu 22:29 à 23:1. Ni le tétragramme, ni le Nom Divin n'apparaissent, alors que la watchtower l'a mis dans sa "Traduction du monde nouveau"... (Matthieu 22:37,44). Cette façon de procéder est fortement présomptueuse et irrespectueuse à l'égard des textes reçus et finalement de son Auteur..., un peu comme si la watchtower estimait que Dieu n'a pas bien fait son travail...
Michel R./Brooklyntower/Publié le
